A trois jours du Denmark Sail Grand Prix (19-20 août), 4e acte du championnat SailGP, les Français - 6e nation au classement provisoire sur les 9 en lice - ont rejoint la charmante capitale, berceau du design et de la durabilité. A 5 points des Danois, impressionnants 3e du précédent Sail Grand Prix disputé à Plymouth et qui joueront cette fois à domicile, le France SailGP Team ambitionne plus que jamais de jouer aux avant-postes, avec les indéboulonnables Australiens, leaders avec 29 points devant les Anglais (24 points) et les Néo-Zélandais (22 points), enfin au niveau où on les attendait. Bruno Dubois, manager de l'équipe française, dresse un bilan du chemin accompli depuis l'arrivée de Quentin Delapierre au poste de pilote et revient sur les progrès de cette nouvelle équipe 100% tricolore. Objectif : accéder à la finale de ce samedi au Danemark, avant le France Sail Grand Prix de Saint-Tropez les 10 et 11 septembre prochains où les Français auront à cœur de briller devant leur public.

Denmark Sail Grand Prix | Copenhagen | Season 3 | France | Practice

Bruno Dubois, pouvez-vous revenir sur l’arrivée de Quentin Delapierre au pilotage du F50 tricolore ?

Bruno Dubois : Le choix de Quentin Delapierre s'est fait il y a à peu près un an, juste après le France Sail Grand Prix de Saint-Tropez lors de la saison dernière. Nous cherchions à donner une nouvelle dynamique à l'équipe et je pensais que Quentin serait un bon leader. Nous lui avons proposé de nous rejoindre et il a accepté mais avec ses conditions. Il ne voulait pas juste être le barreur qui débarquait et prenait uniquement ce rôle. Il voulait pouvoir mettre une équipe à sa main, quitte à devoir remplacer du monde. J'ai donc demandé à tous les membres du team de faire un pas vers lui pour créer un effet d'ouverture et l'aider à s'intégrer. Très vite, tout le monde a joué le jeu. Cela lui a permis de se positionner rapidement comme le leader de l'équipe.

Pour cette saison 3 de SailGP, c’est ensuite Kevin Peponnet qui a rejoint l’équipe au poste de régleur d'aile alors qu'il n'avait encore aucune expérience en F50. Un choix de Quentin ?

Bruno Dubois : Nous savions que Leigh McMillan, notre régleur d'aile pendant la saison 2 allait nous quitter pour rejoindre l'équipe INEOS Britannia aux côtés de Sir Ben Ainslie. Quentin nous a alors proposé Kevin avec qui il navigue depuis longtemps et s'entend très bien, ce qu’il a présenté comme un atout, à juste titre, en plus de son mental de champion. Il était sûr que Kevin allait très vite comprendre, s'adapter. Nous nous sommes dit que cela allait être chaud car le temps d'apprentissage serait court, mais Quentin voulait recréer des bases solides pour échapper aux résultats en dents de scie qui caractérisaient l'équipe jusque-là. C'est toujours un peu le cas mais le travail commence à porter ses fruits et les Français sont assurément de plus en plus solides.

On constate effectivement une progression flagrante sur les départs, mais aussi sur la capacité à se maintenir aux avant-postes une fois le F50 tricolore bien lancé n’est-ce-pas ?

C’était ce qui nous manquait depuis toujours. Nous avions peur de gagner. La victoire de manche à Chicago a montré que tout le travail de restructuration de l'équipe mis en place depuis l'arrivée de Quentin commence à payer. Nous nous tenons à la méthode de travail que nous avons créée et tout le monde est maintenant embarqué dans cette dynamique. Chaque personne a une responsabilité dans l'équipe, en dehors de son travail sur le bateau. Quentin a su insuffler une super évolution à ce niveau-là. Il a réussi à emmener plein de gens avec lui pour travailler sur l'essentiel, tout au long de l'année et pas uniquement pendant les Sail Grands Prix.

Comment résumeriez-vous ce que vous appelez l'essentiel ?

L'essentiel, c'est maîtriser les bases des manœuvres, mieux communiquer entre nous, comprendre et analyser collectivement les datas mises à notre disposition par l'organisation, être aux meilleures vitesses en permanence… Tout cela dans une bonne cohésion entre les marins et Quentin. Il y a encore des choses à faire progresser, notamment au niveau tactique comme lors de la dernière manche de Plymouth où la baisse du vent soudaine nous a fait perdre nos repères, nos automatismes, alors qu'il aurait fallu rester dans la routine de travail que nous cherchons à nous imposer en toutes circonstances. Ce sera l'objectif pour Copenhague et pour Saint-Tropez car lorsque nous prenons de bons départs et que nous nous en tenons à notre plan d'action, nous parvenons à rester dans le jeu, aux avant-postes.