On célébrait aujourd’hui un double anniversaire. Celui de toutes les navigatrices de SailGP, qui, depuis un an, régatent à bord des F50 en endossant le rôle essentiel de stratégistes. Et celui de Quentin Delapierre qui fêtait sa première année à la barre du bateau français. Les Frenchies ont fait honneur à ces deux jalons en exécutant trois très belles courses sur le plan d’eau espagnol (2e, 4e, 3e). Une régularité dans le haut du tableau qui les place en position idéale pour briguer la finale, demain dimanche. Ce soir, Quentin Delapierre, Manon Audinet, François Morvan, Kévin Peponnet, Timothé Lapauw, Olivier Herledant et Matthieu Vandame sont 2e au classement provisoire, à égalité de points avec le leader australien.

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Les Français impressionnants de régularité
« Malgré son sourire et son air engageant, la baie de Cadix n’a rien de très évident » aurait chanté Luis Mariano, s’il avait fait un saut dans l’espace-temps pour venir à bord des F50. « C’est un peu la machine à laver » confessait plus sérieusement le pilote australien Tom Slingsby, à quelques minutes du premier départ. « Le coût d’un crash sera certainement très élevé ».

Ce samedi, dans l’arène andalouse, dans un vent d’ouest régulier d’une douzaine de nœuds, une des difficultés consistait en effet à conserver l’équilibre en vol des grands catamarans, équilibre mis à mal par un fort clapot venu du large.

C’est ce qu’ont réussi à faire les trois vainqueurs du jour. Mais aussi et surtout les Français, qui peuvent rendre hommage au travail de leur contrôleur de vol François Morvan. Les tricolores remportent ce samedi la palme de la régularité, grâce à cette maîtrise, mais aussi grâce à leurs départs et leur aisance au contact de leurs adversaires.

Trois courses, trois vainqueurs différents
Quentin et sa troupe ont d’abord été tout près de remporter la première course, une manche qu’ils vont dominer pendant plus de la moitié du parcours, sous la pression permanente du bateau kiwi. Le chassé-croisé incessant entre les deux rivaux va finalement tourner à l’avantage des Néo-zélandais.

Ces derniers seront moins fringants lors de la deuxième régate, remportée par des Australiens volant sur un nuage. Slingsby et son clan vont évoluer très loin devant, laissant les Anglais, les Espagnols et les Français s’écharper pour les places d’honneur.

Derniers de la course d’ouverture à cause d’un crash dont ils ne se remettront pas, les Britanniques vont monter en agressivité et en efficacité tout au long de la journée. Ce sont eux qui raflent la 3e course, non sans avoir bataillé avec les Australiens, les Français et les Américains.

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Corps à corps
Ce samedi, la baie de Cadix a été la scène de sacrés corps à corps entre les équipages du top 5. Et au final, les écarts entre les équipes à l’issue de cette journée inaugurale s’en ressentent : ils sont encore nombreux à pouvoir espérer se qualifier en finale. Y compris les Espagnols, auteurs d’une belle prestation aujourd’hui face à leur public.

Les Français, ex-aequo en points avec les leaders australiens, sont évidemment très bien placés. Et c’est avec « la niaque » qu’ils abordent les trois dernières courses de sélection qui se disputeront dimanche après-midi, dans des conditions de navigation similaires.

Ils ont dit :
Quentin Delapierre, pilote du France SailGP Team : « François Morvan a fait un super boulot pour maintenir l’équilibre du bateau dans les vagues. Il nous a permis de rester à l’avant de la flotte grâce à notre stabilité de vol. Ajoutez à cela nos bons départs. Je crois que c’est la première fois que nous enchaînons trois départs pratiquement gagnants. On commence à avoir une équipe solide, qui est à l’écoute, et travaille bien ensemble. Kévin a su faire avancer le bateau avec François qui a fait un travail génial aujourd’hui. On ne s’est pas crashés une seule fois. Là où nous avons progressé, c’est dans la répartition des rôles pour rester lucides et garder des coups d’avance. Demain, il faudra garder cette bonne communication, cette bonne cohésion et cette fluidité dans l’équipage, tout en prenant soin de nos grinders qui commencent à fatiguer avec l’enchaînement des Sail Grand Prix. »