Le retour aux affaires de la flotte SailGP s'est fait dans des conditions très légères, donc compliquées. En configuration minimale - 4 équipiers au lieu des 6 habituels - les 9 équipes internationales ont dû trouver le moyen d'optimiser le rendement des immenses ailes de 29 mètres de haut qui ont permis à quelques bateaux de décoller… Dans 10 km/h de vent seulement ! Un exercice qui n'a pas réussi aux Français en cette première journée. Demain s'annonce heureusement plus venté.

Singapore Sail Grand Prix | Season 3 | France | Racing

Chaleur et vents très légers, c'est ce qui attendait les 9 équipages internationaux pour le 8e acte de la saison 3, également premier Sail Grand Prix à se dérouler en Asie. Dans une brise d'une dizaine de nœuds, les meilleurs régatiers du monde ont dû s’accommoder d'un parcours raccourci, où la moindre erreur s'est payée cash, à l'image des Américains dans la première manche, retardée faute de vent. En mordant la ligne de moins d'1,5 mètre, Jimmy Spithill a dû laisser passer toute la flotte qui s'est élancée en douceur, laissant la première place aux Néo-Zélandais suivis des Australiens et des Français, devant les Danois, les Anglais, les Suisses, les Canadiens et les Espagnols. Sur ce parcours très ramassé, certains équipages ont réussi à décoller momentanément. Un avantage décisif puisque sur un F50 surpuissant, même dans une brise légère, voler permet d'atteindre des vitesses deux à trois fois plus rapides que le vent. C'est ce qui a permis aux Kiwis de terminer largement devant les Australiens et les Danois, suivis des Canadiens, des Anglais des Suisses, des Français et des Américains qui parviendront malgré leur pénalité de départ à dépasser les Espagnols juste avant la ligne d'arrivée.

Retour canon des Américains

La deuxième manche du jour, légèrement retardée elle aussi pour permettre au comité de course de modifier le parcours, la faute à une petite rotation du vent, n'a pas vu de départ volé. Les Australiens, légèrement en retrait, ont profité d'un ralentissement de la flotte à l'approche de la ligne pour trouver un trou de souris et partir bien lancés pendant que les Néo-Zélandais prenaient une pénalité pour obstruction. Visiblement très en forme, Tom Slingsby et son équipage parvenaient à voler trois fois plus vite que le vent et prenaient les devants à la première marque, devant les Espagnols et les Français, à la lutte avec les Américains et devant les Anglais, les Danois et les Néo-Zélandais, auteurs d'un retour volant spectaculaire à plus de 40 km/h. Sans doute vexé d'avoir raté son départ dans la première manche, le pilote du bateau américain Jimmy Spithill lâchait les chevaux et parvenait à trouver la meilleure vitesse de la flotte – plus de 40 km/h pendant que les Français peinaient à trouver les clés de cette journée compliquée et restaient coincés à l'arrière de la flotte, terminant cette première journée derniers, à égalité de points avec les Espagnols (6 pts).

Bien communiquer pour revenir plus forts

Dans ces conditions très légères et instables, les 9 équipages ont été contraints de naviguer à 4 au lieu des 6 navigants habituels. Manon Audinet, qui occupe en temps normal le poste de stratégiste, a alterné entre le contrôle du vol et la colonne de winch selon la force du vent. Quentin Delapierre, au pilotage du F50, a donc parfois dû assurer le contrôle du vol, avec Kevin Peponnet au réglage de l'aile et Matthieu Vandame à la colonne de winch.

« Nous avons toujours été au contact des autres bateaux, sans arriver à nous extirper de la flotte pour avoir du vent frais. On n’a pas réussi à prendre les devants malgré de bons départs, donc on va essayer de rectifier le tir demain. En règle générale, à la suite d’une journée compliquée comme celle d’aujourd’hui, on arrive à bien communiquer sur ce qui ne fonctionne pas pour se remettre dans le rythme. Là, malheureusement, on a raté le premier jour mais il reste encore plein de manches à suivre demain et on est plutôt confiants pour réussir à sortir la tête de l’eau », déclarait Kevin Peponnet à l'issue de la seconde manche de ce samedi. Demain, dimanche, s'annonce plus venté et devrait permettre le retour des équipages au complet.