Quentin Delapierre et son team tricolore décrochent une belle et méritée deuxième place au Canada Sail Grand Prix, derrière les Britanniques et devant les Danois. Ils remontent à la 4ème place au classement général de la saison, à 6 points des Australiens descendus à la 3ème place après avoir terminé en 7ème position à Halifax. Les Néo-Zélandais, discrets 5èmes de ce Sail Grand Prix canadien complètement fou, gardent la tête du championnat et leur confortable avance (11 points) sur les Espagnols, 2èmes. Mais à deux Sail Grand Prix de la Grande Finale, le suspense est encore plus fort quant aux équipes qui réussiront à se qualifier dans le top 3 du championnat.

Canada Sail Grand Prix | Halifax | Season 4 | France | Racing

Cette deuxième journée du ROCKWOOL Canada Sail Grand Prix s’annonçait dès le départ rocambolesque avec les opérations de grutage des F50 ralenties par les mauvaises conditions météo. En raison des vents violents et pour garantir la sécurité des équipes, SailGP a été contraint d'adapter le format en donnant la priorité aux nations dans l'ordre du classement de l'épreuve après la première journée. Tous les bateaux n’ayant pas pu être mis à l’eau dans les temps malgré les courses retardées, les Suisses et les Américains, respectivement avant-derniers et derniers du classement général provisoire de l’épreuve, ont été privés de compétition aujourd’hui et ont reçu une compensation de points. Les Allemands ont loupé la course 4 mais ont pu rejoindre la flotte pour la course 5.

Vents forts, pluie, brouillard et eaux glaciales ont donc malmené les équipages. Avec leurs ailes de 24 mètres et leurs foils de gros temps, ils se sont livré une bataille sans merci jusqu’à la dernière seconde, malgré les envolées et les plantés incontrôlés. Génial à suivre !

La première manche du jour (course 4) a été lancée quelques minutes à peine après la mise à l’eau du F50 bleu blanc rouge. Les Français ont dû se mettre en mode course rapidement et se sont lancés pleine balle en tête de la flotte malgré le manque d’échauffement. Ils ont bataillé avec les Canadiens de Phil Robertson qui se sont finalement imposés pour le plus grand bonheur des milliers de fans aux premières loges d’un spectacle exceptionnel.

L’ultime course en flotte a fait monter le suspense à son comble avec un enchaînement de rebondissements à en perdre la tête. Les Australiens, triple vainqueurs du championnat, ont chaviré et l’Espagne s’est imposée devant le Royaume Uni et la France. Mais ça n’a pas suffi à Diego Botín et Los Gallos, recalés de la finale pour un tout petit point d’écart. Il faut dire qu’entre le 2ème et le 6ème au classement général après 5 courses, il n’y avait… qu’un point !!

C’était donc une finale Royaume Uni, France, Danemark inédite durant laquelle les équipages ne se sont pas lâchés, de la ligne de départ à la ligne d’arrivée. Malgré quelques erreurs, les Français n’ont rien lâché pour terminer 2èmes, quelques centimètres devant les Danois. Et pour son cinquième Sail Grand Prix à la barre du F50 aux couleurs de L'Union Jack, c’est Giles Scott qui s’est imposé devant Quentin Delapierre et Nicolai Sehested. Faisant ainsi taire les critiques dont il faisait l’objet depuis le départ de Ben Ainslie après le Sail Grand Prix de Dubaï en décembre.

Prochain rendez-vous à ne pas manquer : New York les 22 et 23 juin !

ILS ONT DIT :

Quentin Delapierre, pilote France SailGP Team : « C’était chaud, et encore le vent est un peu tombé parce que quand on a mis le bateau à l’eau c’était vraiment très très chaud. Il s’est encore passé plein de choses, les premiers sont passés derniers, les derniers sont passés premiers. La Ligue a un niveau exceptionnel. On a toujours envie de gagner, on a la capacité de le faire je pense en termes de vitesse et de manœuvres. Je me suis un peu trop précipité sur le départ de la finale, un peu trop focalisé sur les Anglais. On a eu deux crashs dans la manche, pour finir 2 ce qui est quand même pas mal. Un peu déçus parce qu’à bord on savait très bien qu’on pouvait la gagner. On a eu un gros problème avec les masques aujourd’hui, on n’y voyait pas très bien. Jason n’avait pas d’autre choix que de le garder mais avec de la buée. On a eu un gros crash en partie à cause de ça, à un moment où ne fallait pas que ça arrive. »

Manon Audinet, strategist France SailGP Team : « C’était assez difficile. On a eu un petit coup au moral quand on a eu l’information qu’on ne naviguerait peut-être pas cet après-midi. On savait qu’il y avait une petite chance donc on s’est mis en stand-by et on s’est remobilisés quand on a senti qu’il y avait une opportunité. Je pense que l’équipe s’est vraiment remise à fond qu’on a eu un petit surplus d’énergie et d’envie, et ça a bien fonctionné sur l’eau. Ce n’était pas notre meilleure manche techniquement cette finale, on a fait quelques boulettes, on s’est mis un peu dans le dur tout seuls. Mais on a vu que les deux de devant étaient encore prenables, au moins le Danois. Jusqu’à la fin c’était notre objectif, réussir à passer devant lui avant la ligne d’arrivée et c’est ce qu’on a fait, à quelques centimètres près ! »

Thierry Douillard, coach France SailGP Team : « On a eu une journée en demi-teinte hier alors que Quentin avait rehaussé son niveau de jeu sur les départs. Aujourd’hui, on a su tardivement si on allait pouvoir naviguer ou pas et finalement on a eu notre chance. On a eu 4 minutes d'entraînement avant le premier départ mais on a navigué super propre. On a retrouvé notre équipe à son niveau de jeu : précise sur les départs, précise sur les laylines et sur nos choix. Même si on a commis quelques erreurs, on a réussi à se remobiliser et à aller chercher les bons coups. Donc c’est un super résultat pour toute l’équipe et je suis très content pour eux. Ça se joue à pas grand-chose, à un point ou ex aequo pour passer en finale comme toujours. Donc c’est bon pour le moral et on va repartir remontés comme des coucous pour aborder le prochain grand prix à New York dans trois semaines. »